Étude « Marché de la maison individuelle : prévisions 2027 »
Cet article projette pour 2027 le coût de construction d’une maison individuelle, c’est-à-dire, dans l’étude, le prix du bâti d’une maison payé par le ménage, hors terrain, au sens du service des données et études statistiques (SDES), service statistique du ministère de la Transition écologique. Ce coût se distingue des coûts de production des entreprises, que mesure l’indice BT01 de l’INSEE. La projection est établie à législation constante, c’est-à-dire selon le droit en vigueur à la date de gel de l’étude, le 27 septembre 2026 : les données et les textes publiés après cette date ne sont pas pris en compte.
Selon le SDES, le coût de construction s’élevait en 2024 à 1 914 euros par mètre carré de surface de plancher, pour une maison moyenne de 118 mètres carrés dont la construction coûtait 225 500 euros. Dans la projection conditionnelle de l’étude, qui ne vaut que si ses hypothèses se réalisent, il atteindrait 2 130 euros par mètre carré en 2027, dans une fourchette de 2 050 à 2 220 euros. D’après nos calculs, la part du bâti dans un projet moyen avec achat du terrain passerait de 218 700 euros en 2024 à 244 000 euros en 2027, dans une fourchette de 234 000 à 253 000 euros. Ces fourchettes reprennent l’écart moyen observé par le passé entre un simple prolongement de tendance et le chiffre réalisé ; elles ne mesurent pas une probabilité.
La projection prolonge deux relations statistiques estimées d’après nos calculs : de 2007 à 2025, entre les variations annuelles du BT01 et celles des prix de l’énergie ; de 2011 à 2024, entre les variations annuelles du prix du bâti et celles du BT01 ; l’équation estimée de la seconde implique en outre une hausse du prix du bâti d’environ 2 % par an à BT01 stable. Dans la projection, la moyenne annuelle du BT01 augmenterait de 3 % en 2026 (fourchette de +1 % à +5 %), année pour laquelle la Banque mondiale prévoit une hausse de 24 % des prix de l’énergie, puis de 1 % en 2027 (fourchette de -3 % à +5 %), si ces prix reculent comme elle le prévoit. La projection n’ajoute aucun effet chiffré des changements réglementaires postérieurs à 2024. La taxe d’aménagement, exclue du prix mesuré par le SDES, est chiffrée à part : pour une maison de 118 mètres carrés de surface de plancher hors Île-de-France, elle serait comprise, d’après nos calculs, entre 600 et 4 600 euros en 2027, selon les taux votés localement, hors majoration et hors exonération facultative. Le prix moyen d’une maison neuve, terrain compris, relève de la projection du marché de la maison individuelle en 2027.
Coût de construction d’une maison au mètre carré en 2024 et en 2027
Le SDES mesure le prix du bâti par l’enquête sur le prix des terrains et du bâti (EPTB), qui porte sur l’ensemble des permis de construire délivrés dans l’année à des particuliers pour une maison individuelle en secteur diffus, c’est-à-dire construite à leur initiative. Le ménage déclare le coût prévisionnel de sa maison, frais d’architecte éventuels compris ; s’il ne le connaît pas exactement, il en donne une valeur approchée, fondée par exemple sur les devis de constructeurs ou d’artisans. Ce coût exclut la viabilisation, la taxe d’aménagement et les aménagements extérieurs, comme une clôture, une piscine ou un abri de jardin. Les prix sont toutes taxes comprises et rapportés à la surface de plancher.
En 2024, selon le SDES, le coût moyen de construction d’une maison s’élève à 225 500 euros pour 118 mètres carrés de surface de plancher, et le prix moyen au mètre carré à 1 914 euros. Selon la même source, le prix au mètre carré augmente de 2,1 % sur un an, tandis que la surface moyenne recule de 0,7 %. Toujours selon le SDES, il avait augmenté de 4,2 % en 2021, de 9,2 % en 2022 et de 7,8 % en 2023, cette dernière hausse étant calculée par le SDES sur les données provisoires de 2023. Les résultats de 2025 n’étaient pas publiés à la date de gel : 2024 est le dernier chiffre connu. Le coût projeté pour 2027 correspond aux maisons dont le permis de construire sera délivré en 2027 ; il pourra être comparé au résultat de l’enquête du SDES sur cette année.
L’étude projette ce prix en deux étapes, à partir de relations statistiques observées dans le passé. Elle projette d’abord le BT01 à partir des prévisions de prix de l’énergie de la Banque mondiale, puis le prix du bâti au mètre carré à partir du BT01. Dans cette projection conditionnelle, le coût de construction atteindrait 2 130 euros par mètre carré en 2027 (fourchette de 2 050 à 2 220 euros). La fourchette applique l’écart moyen en valeur absolue, soit 3,9 %, observé à trois ans d’horizon entre le prix réalisé et un simple prolongement de la croissance des cinq années précédentes, mesuré sur toutes les années que la série permet.
Le SDES publie aussi le coût total moyen d’un projet, maison et terrain, pour les ménages qui achètent leur terrain : 313 700 euros en 2024. D’après nos calculs, la part du bâti dans ce projet, obtenue en retranchant le prix moyen du terrain, s’élève à 218 700 euros. Elle diffère du coût moyen de construction des maisons (225 500 euros), qui porte sur l’ensemble des maisons de l’enquête, avec ou sans achat de terrain. C’est cette part que l’étude retient pour le prix moyen d’une maison neuve : en suivant l’évolution du prix au mètre carré à surface constante, elle atteindrait 244 000 euros en 2027 dans la projection conditionnelle de Renouvel (fourchette de 234 000 à 253 000 euros).
Avec le terrain, elle forme le prix moyen d’une maison neuve, projeté à 345 000 euros en 2027 (fourchette de 333 000 à 358 000 euros) dans la projection du marché de la maison individuelle pour 2027. Ce prix entre dans le calcul du pouvoir d’achat immobilier, soit la capacité d’emprunt d’un ménage (le montant qu’il peut emprunter) rapportée au prix moyen d’une maison neuve, terrain compris.
Le tableau rapproche le dernier niveau publié et la projection.
| Grandeur | 2024 | 2027, projection conditionnelle | Fourchette 2027 |
|---|---|---|---|
| Coût de construction au mètre carré de surface de plancher | 1 914 euros (SDES) | 2 130 euros | 2 050 à 2 220 euros |
| Part du bâti dans un projet moyen avec achat du terrain | 218 700 euros (calcul Renouvel sur données du SDES) | 244 000 euros | 234 000 à 253 000 euros |
Coût de construction par région en 2024
Selon le SDES, le coût de construction au mètre carré va en 2024 de 1 642 euros dans les départements et régions d’outre-mer (DROM) et 1 685 euros en Centre-Val de Loire à 2 156 euros en Provence-Alpes-Côte d’Azur et 2 158 euros en Corse. Selon la même source, l’Île-de-France associe la plus grande surface moyenne, 143 mètres carrés, à un coût au mètre carré inférieur à la moyenne nationale (1 867 euros). Dans la même enquête, les maisons les plus petites se trouvent dans les DROM (96 mètres carrés) et en Pays de la Loire (107 mètres carrés). L’étude ne projette pas ces écarts : la projection de 2027 porte sur la moyenne nationale.
Le tableau reprend les résultats publiés par le SDES pour 2024 (tableau 3 de sa publication).
| Région | Surface de plancher moyenne | Coût moyen de la maison | Coût au mètre carré | Évolution du coût au mètre carré de 2023 à 2024 |
|---|---|---|---|---|
| Auvergne-Rhône-Alpes | 122 m² | 252 100 euros | 2 063 euros | +2,0 % |
| Bourgogne-Franche-Comté | 123 m² | 235 800 euros | 1 922 euros | +2,5 % |
| Bretagne | 112 m² | 225 200 euros | 2 010 euros | +2,2 % |
| Centre-Val de Loire | 119 m² | 200 300 euros | 1 685 euros | +0,8 % |
| Corse | 123 m² | 264 500 euros | 2 158 euros | +0,0 % |
| Grand Est | 135 m² | 266 400 euros | 1 973 euros | +1,8 % |
| Hauts-de-France | 126 m² | 226 400 euros | 1 795 euros | +4,0 % |
| Île-de-France | 143 m² | 266 400 euros | 1 867 euros | -0,1 % |
| Normandie | 118 m² | 207 300 euros | 1 759 euros | +0,5 % |
| Nouvelle-Aquitaine | 113 m² | 210 600 euros | 1 863 euros | +2,4 % |
| Occitanie | 116 m² | 208 200 euros | 1 796 euros | +2,9 % |
| Pays de la Loire | 107 m² | 213 000 euros | 1 984 euros | +1,7 % |
| Provence-Alpes-Côte d’Azur | 126 m² | 270 800 euros | 2 156 euros | +5,0 % |
| France métropolitaine | 119 m² | 229 600 euros | 1 927 euros | +2,3 % |
| DROM | 96 m² | 157 500 euros | 1 642 euros | +0,0 % |
| France | 118 m² | 225 500 euros | 1 914 euros | +2,1 % |
Prix du bâti selon le maître d’œuvre et la finition
Selon le SDES, le maître d’œuvre, chargé de conduire la construction, est un constructeur de maisons individuelles pour 54 % des maisons de l’enquête en 2024, le particulier lui-même pour 29 %, un entrepreneur ou un artisan pour 9 % et un architecte pour 5 % ; les autres cas représentent 3 %.
| Maître d’œuvre | Part des maisons | Surface de plancher moyenne | Coût moyen de la maison | Coût au mètre carré | Évolution du coût au mètre carré de 2023 à 2024 |
|---|---|---|---|---|---|
| Constructeur de maisons individuelles | 54 % | 112 m² | 222 900 euros | 1 994 euros | +3,1 % |
| Particulier lui-même | 29 % | 124 m² | 205 500 euros | 1 656 euros | +1,3 % |
| Entrepreneur ou artisan | 9 % | 120 m² | 238 600 euros | 1 981 euros | +3,9 % |
| Architecte | 5 % | 141 m² | 336 300 euros | 2 382 euros | +1,4 % |
| Ensemble des maisons | 100 % | 118 m² | 225 500 euros | 1 914 euros | +2,1 % |
Dans ces résultats, les maisons des constructeurs sont plus petites que la moyenne, et leur coût au mètre carré a augmenté plus vite que la moyenne en 2024. Selon le SDES, le prix varie aussi selon le degré de finition : 2 006 euros par mètre carré pour une maison livrée totalement terminée (43 % des maisons), 1 890 euros pour une maison prête à décorer (48 %) et 1 558 euros pour une maison livrée close et couverte (9 %). La moyenne nationale mélange ces situations : si leur répartition change, la moyenne change aussi, même à prix inchangés dans chaque catégorie. La projection porte sur cette moyenne.
Indice BT01 : évolution et projection pour 2027
L’indice BT01, index du bâtiment tous corps d’état, est calculé par l’INSEE en base 100 en 2010 et publié au Journal officiel. Comme les autres index du bâtiment, c’est un indice de coût de production, principalement utilisé pour indexer les contrats. Selon la composition publiée par l’INSEE, il combine six postes : les salaires et charges, qui pèsent 58,7 % de l’indice, les matériaux, les frais divers (9,7 %), le matériel (4,1 %), les transports routiers (2,1 %) et l’énergie, représentée directement par le seul gazole (0,8 %). Les matériaux, repris des index des différents corps d’état (fournitures électriques, chauffage, plomberie, bois, ciment et autres), forment le reste.
Le BT01 sert aussi à réviser le prix des contrats de construction de maison individuelle (CCMI), par lesquels un constructeur bâtit une maison sur le terrain de son client. Selon l’Agence nationale pour l’information sur le logement (ANIL), qui présente une décision de la Cour de cassation du 15 juin 2022 appliquant les articles L. 231-11 et L. 231-12 du code de la construction et de l’habitation, le CCMI peut notamment prévoir la révision du prix d’après la variation du BT01 entre la signature du contrat et l’expiration d’un délai d’un mois après l’obtention du permis de construire ou du prêt, la plus tardive des deux dates étant retenue ; le prix révisé ne varie plus ensuite. La hausse du BT01 se répercute ainsi sur le prix des contrats signés avec une clause de révision.
D’après nos calculs à partir des valeurs mensuelles publiées par l’INSEE, la moyenne annuelle du BT01 est passée de 112,3 en 2020 à 133,0 en 2025. En juillet 2026, dernier mois publié à la date de gel, l’indice atteint 138,9 selon l’INSEE. Le tableau donne ces moyennes annuelles, calculées par Renouvel, puis la projection conditionnelle : le niveau moyen de l’indice en 2027 et l’évolution de sa moyenne annuelle en 2026 et en 2027, chacun avec sa propre fourchette.
| Année | Niveau : moyenne annuelle du BT01 (base 100 en 2010) | Évolution de la moyenne annuelle sur un an |
|---|---|---|
| 2020 | 112,3 | |
| 2021 | 117,5 | |
| 2022 | 125,8 | |
| 2023 | 130,1 | |
| 2024 | 131,2 | |
| 2025 | 133,0 | |
| 2026 | Non publié par l’étude (moyenne de sept mois observés et de cinq mois projetés) | +3 % (fourchette de +1 % à +5 %) |
| 2027 | 139,2 (fourchette de 133,7 à 144,6) | +1 % (fourchette de -3 % à +5 %) |
Pour projeter le BT01, l’étude relie son évolution annuelle à celle de l’indice des prix de l’énergie de la Banque mondiale, de 2007 à 2025. D’après nos calculs, les variations annuelles du BT01 présentent une relation statistique avec celles des prix de l’énergie : l’équation estimée implique, à prix de l’énergie stables, une hausse du BT01 d’environ 2 % par an, et associe en moyenne à une hausse de 10 % de ces prix environ un demi-point de croissance supplémentaire la même année. Cette relation rend compte d’un peu plus de la moitié de la variabilité des évolutions annuelles du BT01 (coefficient de détermination de 0,565) ; elle décrit des évolutions conjointes passées, sans établir de lien de cause à effet. Appliquée à l’évolution annuelle des prix de l’énergie prévue par la Banque mondiale, elle sert à projeter chaque mois non publié à partir du même mois de l’année précédente ; avec les sept mois publiés de 2026, elle donne une hausse de la moyenne annuelle de 3 % en 2026 (fourchette de +1 % à +5 %), puis de 1 % en 2027 (fourchette de -3 % à +5 %), et un niveau moyen de 139,2 en 2027 (fourchette de 133,7 à 144,6).
La fourchette du niveau de 2027 applique à la valeur projetée l’erreur moyenne passée d’un simple prolongement de tendance à deux ans d’horizon, soit 3,9 %. Les fourchettes des évolutions sur un an sont d’une autre nature : elles sont dérivées de celles des niveaux, en rapportant les bornes du niveau de chaque année à la valeur centrale de l’année précédente, avec une erreur de 1,9 % à un an d’horizon pour 2026 et de 3,9 % à deux ans pour 2027. Elles ne se cumulent donc pas d’une année sur l’autre.
Parce qu’elle part du même mois de l’année précédente, cette règle de projection mensuelle place les mois projetés de 2026 sous le niveau publié pour juillet 2026, et crée une autre rupture entre décembre et janvier. Seules les moyennes annuelles sont utilisées par l’étude. Si l’indice restait au niveau de juillet 2026 jusqu’en décembre, la hausse de sa moyenne annuelle en 2026 serait plus forte que projeté.
Énergie, matériaux et main-d’œuvre
Au deuxième trimestre 2026, selon l’INSEE, les coûts de production dans la construction, génie civil compris, augmentent de 4,7 % sur un an. Pour le bâtiment, qui regroupe la construction de bâtiments et les travaux spécialisés du bâtiment, l’INSEE publie le poids de chaque facteur de production et son évolution.
| Facteur de production | Poids dans les coûts du bâtiment | Évolution sur un an au deuxième trimestre 2026 |
|---|---|---|
| Travail | 52,6 % | +2,7 % |
| Matériaux de construction | 16,1 % | +4,3 % |
| Matériaux de rénovation | 13,7 % | +5,6 % |
| Frais divers | 9,5 % | +1,7 % |
| Matériel de second œuvre | 3,3 % | +2,4 % |
| Transport | 2,2 % | +8,5 % |
| Matériel de gros œuvre | 1,6 % | +1,8 % |
| Énergie | 0,9 % | +34,5 % |
Dans ces données de l’INSEE, le coût du travail, premier poste, augmente de 2,7 % sur un an. Selon la même source, l’énergie ne pèse directement que 0,9 % des coûts, mais son coût augmente de 34,5 % ; son prix entre aussi dans celui des matériaux et des transports, dont les coûts augmentent plus vite que celui du travail.
La Banque mondiale attribue la hausse des prix de l’énergie à la guerre au Moyen-Orient, qui touche les infrastructures énergétiques et le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. Dans son scénario central d’avril 2026, son indice des prix de l’énergie, exprimé en dollars courants, passe de 90,0 en 2025 à 111,3 en 2026, soit une hausse de 24 %, puis revient à 92,1 en 2027 ; le baril de pétrole Brent passe de 69 dollars en 2025 à 86 dollars en 2026, puis à 70 dollars en 2027, et pourrait atteindre 115 dollars en moyenne en 2026 dans son scénario d’aggravation. Elle prévoit aussi que les prix des métaux de base, dont l’aluminium et le cuivre, atteignent des records historiques.
L’étude en tire une variante. Si l’indice de l’énergie de 2026 était relevé dans le rapport entre le Brent du scénario d’aggravation et celui du scénario central (115 dollars contre 86), le coût de construction atteindrait 2 140 euros par mètre carré en 2027 (fourchette de 2 060 à 2 220 euros), contre 2 130 euros (fourchette de 2 050 à 2 220 euros) dans la projection centrale. L’écart reste faible : par construction, la variante ne modifie que les mois de 2026 non publiés à la date de gel, puis applique de 2026 à 2027 la même évolution des prix de l’énergie que le scénario central.
Du coût des entreprises au prix payé par le ménage
Le BT01 et les indices de coût de l’INSEE mesurent ce que la construction coûte aux entreprises. L’enquête du SDES mesure le prix que paie le ménage, toutes taxes comprises : il inclut la marge du constructeur ou de l’artisan. Les deux évolutions peuvent diverger. Selon le SDES, le prix du bâti au mètre carré a augmenté de 9,2 % en 2022 et de 7,8 % en 2023, cette dernière hausse étant calculée sur les données provisoires de 2023. Dans le même temps, d’après nos calculs, la moyenne annuelle du BT01 est passée de 117,5 en 2021 à 125,8 en 2022, puis à 130,1 en 2023. En 2023, la hausse du prix payé par les ménages est restée forte alors que celle des coûts ralentissait.
D’après nos calculs sur la période de 2011 à 2024, à partir de séries nationales reconstituées avec les tableaux régionaux du SDES, les variations annuelles du prix du bâti au mètre carré présentent une relation statistique avec celles du BT01 : l’équation estimée associe en moyenne à une hausse de 1 % du BT01 une hausse d’environ deux tiers de point du prix du bâti la même année, et implique, à BT01 stable, une hausse du prix d’environ 2 % par an. D’après les mêmes calculs, elle rend compte d’environ 40 % de la variabilité des évolutions annuelles du prix (coefficient de détermination de 0,411). Cette hausse propre au prix du bâti et les écarts restants peuvent refléter l’évolution des marges, celle de la gamme des maisons (surface, finition, équipements), les exigences réglementaires, dont celles de la réglementation environnementale des bâtiments neufs (RE2020) depuis 2022, et le décalage entre la date des devis et celle des coûts ; les données publiques ne permettent pas de séparer ces facteurs. L’étude ne mesure pas les marges des constructeurs : l’enquête du SDES observe des prix et les index de l’INSEE des coûts, sans isoler la marge. La projection suppose que la hausse propre au prix du bâti se poursuit de 2025 à 2027 au rythme moyen de 2011 à 2024.
Les hausses du prix du bâti de 2022 et de 2023 ont coïncidé avec la crise de la construction de maisons individuelles ouverte en 2022 ; l’article sur les crises passées de la construction de maisons individuelles en mesure l’ampleur et la durée.
Surcoûts réglementaires : RE2020, fin du gaz et argiles
Quatre changements réglementaires concernant les maisons neuves entrent en vigueur de 2026 à 2028 : une modulation des seuils de la RE2020 liée à la hauteur sous plafond et la nouvelle carte d’exposition au retrait-gonflement des argiles, depuis le 1er juillet 2026 ; la fin du gaz dans les logements neufs, au 1er janvier 2027 ; le palier 2028 de la RE2020. Leurs dates et leurs règles sont détaillées dans le calendrier de la RE2020 et du prêt à taux zéro. La méthode de l’étude n’ajoute au prix du bâti que les surcoûts réglementaires apparus après 2024 et chiffrés par une source officielle ; la projection de 2027 n’en comporte aucun.
La RE2020 plafonne notamment l’impact carbone de la construction des maisons, mesuré par l’indicateur Ic construction. Selon l’annexe de l’article R. 172-4 du code de la construction et de l’habitation, son plafond moyen en France métropolitaine, avant modulation selon les caractéristiques de chaque projet, est passé de 640 à 530 kilogrammes d’équivalent CO₂ par mètre carré pour les demandes de permis déposées depuis le 1er janvier 2025, et descendra à 475 pour celles déposées à partir du 1er janvier 2028. En décembre 2024, en réponse à une question écrite, le ministère chargé du logement a indiqué que les surcoûts de la RE2020 sont limités pour le palier 2025 et « significativement plus importants » pour le palier 2028, particulièrement dans le logement collectif, sans les chiffrer. Faute de chiffrage, la projection n’ajoute aucun surcoût pour le palier 2025. Le régime applicable dépend de la date de dépôt de la demande de permis de construire : le palier 2028 vise les demandes déposées à partir du 1er janvier 2028. L’enquête du SDES retient, elle, les permis délivrés dans l’année : ceux qu’elle comptera pour 2027 auront fait l’objet de demandes déposées avant cette date. Le palier 2028 reste donc hors du champ de la projection.
Le décret n° 2026-200 du 18 mars 2026 ajoute des modulations des seuils, applicables aux demandes de permis de construire déposées à partir du 1er juillet 2026. Selon le ministère chargé de la construction et l’annexe de l’article R. 172-4 dans sa version issue de ce décret, l’une s’applique aux maisons individuelles comme aux logements collectifs : elle permet de ne plus comptabiliser, pour le respect des seuils, les impacts carbone et énergétiques supplémentaires liés à une hauteur sous plafond moyenne supérieure à 2,5 mètres. Celle qui porte sur les balcons, les loggias et les terrasses ne vise que les logements collectifs. Le décret ne modifie pas les plafonds moyens des maisons. La modulation liée à la hauteur sous plafond assouplit l’exigence pour les maisons concernées ; l’étude n’en chiffre pas l’effet sur le prix.
Deux autres mesures s’appliquent aussi à une partie des maisons de 2027. Selon la Fédération française du bâtiment, pour les demandes de permis déposées à partir du 1er janvier 2027, les logements neufs ne peuvent plus recourir au gaz, même en appoint, sauf exceptions comme les systèmes de secours, et un équipement hybride utilisant une énergie fossile ne satisfait pas l’exigence. Selon le SDES, 76 % des maisons de l’enquête de 2024 prévoyaient un chauffage par énergies renouvelables, qui peuvent être combinées, dont 56 % par pompe à chaleur ; la publication ne distingue pas les appoints au gaz. Depuis le 1er juillet 2026, la nouvelle carte des sols argileux s’applique aux ventes de terrains à bâtir et aux contrats de construction conclus à partir de cette date. Selon le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), service géologique national, 55 % du territoire hexagonal est désormais en exposition moyenne ou forte, contre 48 % avec la carte précédente. Dans ces zones, le vendeur d’un terrain à bâtir fournit une étude géotechnique, et le constructeur suit les recommandations d’une étude géotechnique ou applique des techniques particulières de construction : la nouvelle carte étend ces obligations à de nouveaux terrains. L’étude ne chiffre pas les surcoûts de ces deux mesures ; la projection n’en ajoute pas, ce qui constitue une limite.
Taxe d’aménagement en 2027
La taxe d’aménagement n’entre pas dans le prix du bâti mesuré par le SDES, qui l’exclut expressément. Selon le ministère de l’Économie, elle se calcule en multipliant la surface taxable par une valeur forfaitaire au mètre carré, avec un abattement de 50 % sur les 100 premiers mètres carrés d’une résidence principale et de ses annexes, puis par le taux de chaque part : celui voté par la commune (de 1 % à 5 %, jusqu’à 20 % en cas de majoration), celui voté par le département (2,5 % au plus) et, en Île-de-France, celui voté par la région (1 % au plus).
La valeur forfaitaire est révisée chaque 1er janvier selon l’évolution de l’indice du coût de la construction (ICC) de l’INSEE entre les troisièmes trimestres des deux années précédentes, puis arrondie à l’euro inférieur. Selon la doctrine fiscale et le ministère de l’Économie, la valeur forfaitaire hors Île-de-France est passée de 914 euros par mètre carré en 2024 à 930 euros en 2025, puis à 892 euros en 2026 : selon l’INSEE, en France métropolitaine, l’ICC du troisième trimestre 2025 (2 056) était inférieur à celui de 2024 (2 143). Selon la doctrine fiscale et le ministère de l’Économie, elle est de 1 011 euros en Île-de-France en 2026.
La valeur de 2027 dépend de l’ICC du troisième trimestre 2026, non publié à la date de gel. L’étude le projette en prolongeant la hausse sur un an de l’ICC du deuxième trimestre 2026, de 0,81 % selon l’INSEE, en France métropolitaine. D’après nos calculs, la valeur forfaitaire hors Île-de-France serait de 899 euros par mètre carré en 2027, dans une fourchette de 889 à 908 euros tirée des erreurs passées de cette règle de projection de l’ICC, mesurées sur 71 années.
Faute de surface taxable publiée par le SDES, l’étude retient à sa place la surface de plancher moyenne de son enquête en 2024, soit 118 mètres carrés. Pour cette maison, la taxe atteindrait, d’après nos calculs, 611 euros par point de taux en 2027 (fourchette de 605 à 617 euros). Faute de taux moyen officiel, l’étude la donne entre les bornes légales hors Île-de-France et hors majoration : de 600 à 4 600 euros pour des taux cumulés de la commune et du département compris entre 1 % et 7,5 %. Ces montants ne tiennent pas compte des exonérations facultatives que les collectivités locales peuvent décider, par exemple pour une résidence principale financée par un prêt à taux zéro, dans la limite de 50 % de sa surface au-delà des 100 premiers mètres carrés. Ajoutée au prix moyen d’une maison neuve, terrain compris, projeté par Renouvel à 345 000 euros (fourchette de 333 000 à 358 000 euros), elle porterait, d’après nos calculs, le coût total pour le ménage entre 346 000 et 350 000 euros, au prix central.
Cette approximation peut sous-estimer la taxe : la surface taxable et la surface de plancher ne coïncident pas, la première comprenant des surfaces que la seconde exclut, comme les combles non aménageables.
Lorsque les travaux touchent le sous-sol, quelle qu’en soit la profondeur, la taxe d’archéologie préventive peut s’y ajouter, sauf exonération, par exemple pour la reconstruction à l’identique d’un bâtiment détruit depuis moins de dix ans : selon Service Public Entreprendre, son taux est de 0,40 %, appliqué à la même assiette que la taxe d’aménagement. L’étude ne la chiffre pas, et le coût total pour le ménage n’ajoute pas non plus les dépenses que le SDES exclut du prix de la maison, comme la viabilisation et les aménagements extérieurs.
Assurances de construction
Selon la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), deux assurances obligatoires interviennent notamment dans la construction d’une maison, et le CCMI y ajoute une garantie :
- l’assurance dommages-ouvrage, que le maître d’ouvrage, c’est-à-dire le ménage qui fait construire, doit souscrire avant l’ouverture du chantier ; elle couvre les vices et malfaçons qui menacent la solidité de la construction, ainsi que les désordres qui la rendent impropre à l’usage prévu ;
- l’assurance de responsabilité décennale, que doit détenir le constructeur, responsable de ces dommages pendant dix ans ;
- dans un CCMI, la garantie de livraison à prix et délais convenus, que le constructeur doit fournir : délivrée par un établissement de crédit ou une entreprise d’assurance, elle couvre le ménage contre les risques d’inexécution ou de mauvaise exécution des travaux prévus au contrat, au prix et dans les délais convenus.
Les assurances du constructeur sont des charges de son entreprise, couvertes par le prix qu’il facture. La prime d’assurance dommages-ouvrage est à la charge du ménage ; la foire aux questions de l’enquête du SDES ne précise pas si elle doit figurer dans le coût déclaré. Parmi les indices de prix qui composent le BT01, décrits dans les notes méthodologiques de l’INSEE, aucun ne mesure le prix des assurances : son poste de frais divers suit les prix de la papeterie, des loyers des activités tertiaires, de la bureautique, des services de transport, des véhicules, des communications et de la restauration, ainsi que le coût du travail dans les activités spécialisées, scientifiques et techniques. Le prix des assurances n’entre donc dans la projection qu’au travers de la hausse propre au prix du bâti, mesurée en moyenne de 2011 à 2024. Les sources publiques consultées pour cette étude ne publient pas le coût de ces assurances pour une maison individuelle ; l’étude ne les chiffre pas.
Glossaire
- Assurance dommages-ouvrage : assurance que le maître d’ouvrage souscrit avant l’ouverture du chantier et qui couvre les dommages menaçant la solidité de la construction ou la rendant impropre à l’usage prévu.
- BT01 : index du bâtiment tous corps d’état, calculé par l’INSEE en base 100 en 2010 et publié au Journal officiel ; il mesure l’évolution des coûts de production des entreprises (travail, matériaux, matériel, énergie, transport, frais divers).
- CCMI : contrat de construction de maison individuelle, par lequel un constructeur bâtit une maison sur le terrain de son client, qui en est le maître d’ouvrage.
- Coefficient de détermination : part de la variabilité d’une grandeur dont rend compte une relation statistique estimée, comprise entre 0 et 1 ; il ne mesure pas un lien de cause à effet.
- Coût de construction : dans l’étude, prix du bâti d’une maison payé par le ménage, hors terrain, au sens du SDES, à distinguer des coûts de production des entreprises mesurés par l’indice BT01.
- Date de gel : date après laquelle aucune donnée ni aucun texte nouveau n’est pris en compte dans l’étude, fixée au 27 septembre 2026.
- DROM : départements et régions d’outre-mer.
- EPTB : enquête sur le prix des terrains et du bâti, menée par le SDES auprès des particuliers qui ont obtenu un permis de construire pour une maison individuelle en secteur diffus, dont les résultats sont publiés chaque année.
- ICC : indice du coût de la construction de l’INSEE, qui mesure le prix de production des bâtiments neufs à usage principal d’habitation en France métropolitaine ; il sert à réviser la valeur forfaitaire de la taxe d’aménagement.
- Législation constante : hypothèse selon laquelle le droit en vigueur à la date de gel s’applique sans modification sur toute la période étudiée.
- Maître d’œuvre : personne chargée de conduire la construction pour le compte du maître d’ouvrage : constructeur de maisons individuelles, architecte, entrepreneur ou artisan, ou le particulier lui-même.
- Pouvoir d’achat immobilier : capacité d’emprunt d’un ménage, c’est-à-dire le montant qu’il peut emprunter, rapportée au prix moyen d’une maison neuve, terrain compris.
- Projection conditionnelle : projection qui ne vaut que si ses hypothèses se réalisent, notamment la législation constante.
- RE2020 : réglementation environnementale des bâtiments neufs, applicable en France métropolitaine aux maisons individuelles depuis 2022, dont les seuils se renforcent par paliers (2025, 2028, 2031).
- Surface de plancher : somme des surfaces des niveaux clos et couverts de plus de 1,80 mètre de hauteur sous plafond, après déduction notamment des surfaces de stationnement et des combles non aménageables.
- Surface taxable : surface retenue pour la taxe d’aménagement, qui comprend notamment les combles et les caves de plus de 1,80 mètre de hauteur.
- Taxe d’aménagement : taxe due pour la construction d’une maison, calculée sur la surface taxable, une valeur forfaitaire au mètre carré et les taux votés par la commune, le département et, en Île-de-France, la région.
- Taxe d’archéologie préventive : taxe due au taux de 0,40 %, sur la même assiette que la taxe d’aménagement, lorsque les travaux touchent le sous-sol, sauf exonération.
- Valeur forfaitaire : valeur au mètre carré fixée chaque année pour le calcul de la taxe d’aménagement, révisée selon l’ICC.
Méthode et limites
Les chiffres calculés par Renouvel l’ont été une seule fois, pour l’ensemble de l’étude, avant la rédaction de cet article ; les autres chiffres viennent des sources publiques citées en fin d’article, dans leur état au 27 septembre 2026, date de gel commune aux huit pages de l’étude. Les dernières données utilisées sont l’enquête du SDES sur 2024 (publiée le 27 novembre 2025), le BT01 jusqu’en juillet 2026 (mise à jour de l’INSEE du 15 septembre 2026), l’ICC jusqu’au deuxième trimestre 2026 (mise à jour du 23 septembre 2026) et les prévisions de la Banque mondiale d’avril 2026. La projection du coût de construction prolonge deux relations statistiques estimées sur des séries annuelles courtes : celle du BT01 avec l’indice des prix de l’énergie de la Banque mondiale, de 2007 à 2025, et celle du prix du bâti au mètre carré avec le BT01, de 2011 à 2024. Elle comporte les limites suivantes.
- Ces relations décrivent des évolutions conjointes passées, sans établir de lien de cause à effet ; la projection suppose qu’elles se maintiennent en 2026 et en 2027.
- Les fourchettes reprennent l’erreur moyenne passée d’une règle de projection simple appliquée à chaque série : prolongement de la tendance des cinq années précédentes pour le BT01 et le prix du bâti, prolongement de la hausse sur un an pour l’ICC ; ce ne sont pas des probabilités. Les fourchettes des évolutions annuelles du BT01 sont dérivées de celles de ses niveaux et ne se cumulent pas d’une année sur l’autre.
- La hausse propre au prix du bâti, d’environ 2 % par an de 2011 à 2024, peut contenir une partie des surcoûts réglementaires passés, dont ceux de l’entrée en vigueur de la RE2020 en 2022, ainsi que l’évolution des marges et du prix des assurances, que les index de coûts ne suivent pas. La projection la prolonge sans la décomposer : y ajouter des surcoûts réglementaires pourrait en compter une partie deux fois.
- Aucun effet des changements réglementaires postérieurs à 2024 n’est ajouté : les surcoûts du palier 2025 de la RE2020 n’ont pas été chiffrés par l’administration, et les effets de la modulation liée à la hauteur sous plafond, de la fin du gaz dans le neuf et de la nouvelle carte des argiles ne sont pas chiffrés par l’étude.
- La projection mensuelle du BT01 part du même mois de l’année précédente : elle crée des ruptures entre le dernier mois publié (138,9 en juillet 2026) et le suivant, puis entre décembre et janvier ; seules les moyennes annuelles sont utilisées.
- La relation entre le BT01 et l’énergie repose sur un indice de la Banque mondiale en dollars courants : les variations du taux de change de l’euro n’y sont pas distinguées.
- La variante énergie relève l’indice de l’énergie de 2026 dans le rapport entre le Brent du scénario d’aggravation de la Banque mondiale et celui de son scénario central, alors que cet indice ne dépend pas du seul pétrole ; elle ne modifie, par construction, que les mois de 2026 non publiés.
- Le prix du SDES est un prix prévisionnel, déclaré par le ménage, sous forme de valeur approchée lorsqu’il ne le connaît pas exactement ; la moyenne nationale dépend de la répartition des maisons entre maîtres d’œuvre, régions et degrés de finition.
- Les séries nationales de l’enquête du SDES qui servent à estimer la relation, de 2011 à 2024, sont reconstituées par Renouvel à partir des tableaux régionaux du SDES : pour 2024, l’écart aux chiffres nationaux publiés est inférieur à 0,05 % pour les prix, et les tableaux régionaux gardent pour 2023 des valeurs provisoires, qui s’écartent d’au plus 0,9 % des valeurs définitives. La projection part des niveaux nationaux publiés pour 2024.
- La taxe d’aménagement est calculée sur la surface de plancher moyenne, faute de surface taxable publiée, et entre les bornes légales des taux hors Île-de-France, hors majoration et hors exonération facultative ; l’ICC du troisième trimestre 2026 est projeté, et cet indice ne couvre que la France métropolitaine. La taxe d’archéologie préventive n’est pas chiffrée.
Les textes et les données peuvent évoluer après la date de gel ; la page publiée est archivée le jour de sa publication, pour que la comparaison avec les chiffres réalisés porte sur cette version. La méthode commune de l’étude, ses hypothèses et l’ensemble de ses limites sont détaillées dans la note méthodologique.
Renouvel commercialise des applications destinées notamment aux constructeurs de maisons individuelles ; aucun résultat de cette étude n’en dépend.
À législation constante, le coût de construction d’une maison atteindrait 2 130 euros par mètre carré en 2027 (fourchette de 2 050 à 2 220 euros), après 1 914 euros en 2024 selon le SDES. La hausse projetée prolonge la progression propre au prix du bâti et sa relation passée avec les coûts de production, dans un contexte de hausse des prix de l’énergie en 2026 ; elle n’inclut aucun effet chiffré des changements réglementaires postérieurs à 2024, et la taxe d’aménagement s’y ajoute, entre 600 et 4 600 euros d’après nos calculs pour une maison moyenne hors Île-de-France. La projection 2027 du marché de la maison individuelle rassemble ce résultat avec le prix du terrain et le nombre de maisons autorisées et commencées.
Citer l’étude. Les chiffres de cet article peuvent être repris dans vos analyses avec la mention « Renouvel, étude Marché de la maison individuelle : prévisions 2027, données arrêtées au 27 septembre 2026 ». La note méthodologique de l’étude en précise les sources, la méthode et les limites.
Questions fréquentes
Combien coûtera la construction d’une maison au mètre carré en 2027 ?
Dans la projection conditionnelle de l’étude Renouvel, arrêtée au 27 septembre 2026, le coût de construction d’une maison, c’est-à-dire le prix du bâti payé par le ménage hors terrain, atteindrait 2 130 euros par mètre carré de surface de plancher en 2027, dans une fourchette de 2 050 à 2 220 euros. Le dernier chiffre publié par le SDES, pour 2024, est de 1 914 euros par mètre carré.
Quel est le coût moyen de construction d’une maison en France ?
Selon le SDES, le coût moyen de construction d’une maison individuelle était de 225 500 euros en 2024, pour une surface de plancher moyenne de 118 mètres carrés, et le prix moyen au mètre carré de 1 914 euros. Ce prix, toutes taxes comprises, exclut le terrain, la viabilisation, la taxe d’aménagement et les aménagements extérieurs.
Comment l’indice BT01 évoluera-t-il en 2026 et en 2027 ?
D’après les calculs de l’étude, la moyenne annuelle de l’indice BT01 atteindrait 139,2 en 2027, dans une fourchette de 133,7 à 144,6 pour ce niveau. Son évolution sur un an serait de +3 % en 2026 (fourchette de +1 % à +5 %), puis de +1 % en 2027 (fourchette de -3 % à +5 %) ; ces fourchettes d’évolution sont dérivées de celles des niveaux et ne se cumulent pas d’une année sur l’autre. La moyenne annuelle était de 133,0 en 2025, d’après les valeurs mensuelles publiées par l’INSEE ; en juillet 2026, dernier mois publié à la date de gel, l’indice atteint 138,9.
Comment l’indice BT01 intervient-il dans le prix d’un contrat de construction de maison individuelle ?
Selon l’ANIL, qui présente une décision de la Cour de cassation du 15 juin 2022, un contrat de construction de maison individuelle peut notamment prévoir une révision du prix d’après la variation de l’indice BT01 entre la signature du contrat et l’expiration d’un délai d’un mois après l’obtention du permis de construire ou du prêt, la plus tardive des deux dates étant retenue. Le prix ainsi révisé ne varie plus après cette date.
Dans quelle région la construction d’une maison coûte-t-elle le plus cher ?
Selon le SDES, le coût de construction au mètre carré est le plus élevé en 2024 en Corse (2 158 euros) et en Provence-Alpes-Côte d’Azur (2 156 euros), et le plus bas dans les départements et régions d’outre-mer (1 642 euros) et en Centre-Val de Loire (1 685 euros). La moyenne nationale est de 1 914 euros par mètre carré.
Le coût de construction varie-t-il selon le maître d’œuvre ?
Oui. Selon le SDES, en 2024, le coût au mètre carré d’une maison est de 1 994 euros lorsque le maître d’œuvre est un constructeur de maisons individuelles, de 1 981 euros avec un entrepreneur ou un artisan, de 2 382 euros avec un architecte et de 1 656 euros lorsque le particulier conduit lui-même la construction. La surface et le degré de finition diffèrent aussi d’une catégorie à l’autre.
Combien coûtera la taxe d’aménagement d’une maison en 2027 ?
Pour une maison de 118 mètres carrés de surface de plancher hors Île-de-France, surface retenue comme approximation de la surface taxable, la taxe d’aménagement serait comprise entre 600 et 4 600 euros en 2027 selon les taux votés par la commune et le département (de 1 % à 7,5 % au total, hors majoration et hors exonération facultative), d’après les calculs de l’étude. La valeur forfaitaire projetée hors Île-de-France est de 899 euros par mètre carré (fourchette de 889 à 908 euros), contre 892 euros en 2026.
La RE2020 augmente-t-elle le coût de construction en 2027 ?
La projection de l’étude n’ajoute aucun surcoût propre à la RE2020 pour 2027. Le ministère chargé du logement a qualifié de limités les surcoûts du palier 2025, sans les chiffrer, et les a jugés significativement plus importants pour le palier 2028. Le régime applicable dépend de la date de dépôt de la demande de permis de construire : le palier 2028 vise les demandes déposées à partir du 1er janvier 2028. Les maisons dont le permis est délivré en 2027, seules retenues par l’enquête du SDES sur cette année, ont fait l’objet de demandes déposées avant cette date et ne relèvent donc pas du palier 2028. À l’inverse, la modulation liée à la hauteur sous plafond, applicable aux demandes déposées depuis le 1er juillet 2026, assouplit l’exigence pour les maisons concernées, sans effet chiffré. La hausse propre au prix du bâti, mesurée de 2011 à 2024 et prolongée par la projection, peut contenir une partie des surcoûts de l’entrée en vigueur de la RE2020 en 2022.
Sources
Prix du bâti
- SDES, Le prix des terrains et du bâti pour les maisons individuelles en 2024 (27 novembre 2025) : Consulter la publication
- SDES, Le prix des terrains et du bâti pour les maisons individuelles en 2024, tableaux 1, 3 et 4 et définitions (novembre 2025) : Consulter le document
- SDES, Foire aux questions sur l’enquête sur le prix des terrains et du bâti (EPTB) (mise en ligne le 4 avril 2022) : Consulter la page
Indice BT01 et coûts de production
- INSEE, Index du bâtiment – BT01 – Tous corps d’état – Base 2010 (série 001710986, mise à jour du 15 septembre 2026) : Consulter la série
- INSEE, Les index Bâtiment, Travaux publics et divers de la construction en juillet 2026, Informations rapides n° 220 (15 septembre 2026) : Consulter la publication
- INSEE, Composition détaillée des index Bâtiment – base 2010 (version au 9 avril 2026) : Consulter le document
- INSEE, Au deuxième trimestre 2026, les coûts de production dans la construction augmentent de 2,6 % sur un trimestre et de 4,7 % sur un an, Informations rapides n° 230 (23 septembre 2026) : Consulter la publication
- ANIL, CCMI : mise en œuvre de la révision du prix, jurisprudence (Cour de cassation, troisième chambre civile, 15 juin 2022, n° 21-12.733) : Consulter la page
Énergie et matières premières
- Banque mondiale, Commodity Markets Outlook, April 2026, Table 1 World Bank commodity price forecasts (avril 2026) : Consulter le tableau
- Banque mondiale, Middle East War to Spark Biggest Energy Price Surge in Four Years (communiqué, 28 avril 2026) : Consulter le communiqué
Surcoûts réglementaires
- Assemblée nationale, Question écrite n° 171 de M. Philippe Lottiaux, Critères énergétiques de la construction ou rénovation des bâtiments, réponse du ministère du Logement et de la Rénovation urbaine (Journal officiel du 10 décembre 2024) : Consulter la réponse
- Portail des réglementations énergétiques et environnementales des bâtiments, Annexe de l’article R. 172-4 du code de la construction et de l’habitation, chapitres 1 à 3 (version intégrant le décret n° 2024-1258 du 30 décembre 2024) : Consulter l’annexe
- Portail des réglementations énergétiques et environnementales des bâtiments, Annexe de l’article R. 172-4 du code de la construction et de l’habitation, chapitres 1 à 3, ajustement de la réglementation suite au rapport Rivaton (version intégrant le décret n° 2026-200 du 18 mars 2026, applicable aux demandes déposées depuis le 1er juillet 2026) : Consulter l’annexe
- Portail des réglementations énergétiques et environnementales des bâtiments, Textes « Exigences et Méthode » (30 avril 2026) : Consulter la page
- Fédération française du bâtiment, Fin du gaz en construction neuve et des solutions hybrides au fioul en rénovation à partir de 2027 (17 septembre 2026) : Consulter l’actualité
- BRGM, Retrait-gonflement des argiles (RGA) : la carte nationale d’exposition évolue (1er avril 2026) : Consulter l’actualité
- Cerema, L’arrêté du 9 janvier 2026 met à jour la carte des zones « retrait-gonflement des argiles » (zones RGA) (2 février 2026) : Consulter l’actualité
- Cerema, Les études géotechniques liées au retrait-gonflement des argiles (études RGA) (7 février 2024) : Consulter la fiche
Taxe d’aménagement
- Ministère de l’Économie, Tout savoir sur la taxe d’aménagement (20 janvier 2026) : Consulter la page
- BOFiP, BOI-IF-TU-10-30-10, IF – Taxes d’urbanisme – Taxe d’aménagement – Base d’imposition – Détermination de la surface de construction ou de la surface transformée et de la valeur forfaitaire par mètre carré, § 20, 290, 300 et 310 (26 août 2026, version en vigueur à la date de gel) : Consulter la doctrine
- Service-public.gouv.fr, Surface de plancher, emprise au sol et surface taxable d’une construction : quelles sont les règles de calcul ? (fiche F2868, vérifiée le 27 novembre 2024) : Consulter la fiche
- Service Public Entreprendre, Taxe d’archéologie préventive (TAP) (fiche F22286, vérifiée le 1er janvier 2026) : Consulter la fiche
- INSEE, Indice du coût de la construction des immeubles à usage d’habitation (ICC) (série 000008630, mise à jour du 23 septembre 2026) : Consulter la série
- INSEE, Au deuxième trimestre 2026, l’indice du coût de la construction augmente de 0,81 % sur un an, Informations rapides n° 229 (23 septembre 2026) : Consulter la publication
Assurances de construction
- DGCCRF, Le contrat de construction de maison individuelle (CCMI) offre une sécurité juridique élevée (15 mars 2019) : Consulter la fiche
- DGCCRF, Assurance de dommages ouvrage : quelle est la réglementation applicable ? (19 décembre 2018) : Consulter la fiche
- ANIL, Le contrat de construction de maison individuelle : précautions et vérifications (page sans date, consultée le 30 septembre 2026) : Consulter la page
- INSEE, Note méthodologique : Index divers de la construction en base 2010 (document sans date, consulté le 30 septembre 2026) : Consulter le document