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Prix des terrains à bâtir : prévisions 2027

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Sommaire

Étude « Marché de la maison individuelle : prévisions 2027 »

Cet article projette le prix des terrains à bâtir en 2027, par terrain et au mètre carré, avec leur surface moyenne. Les terrains à bâtir, appelés couramment terrains constructibles, désignent ici les terrains achetés par des particuliers pour y faire construire une maison individuelle, tels que les mesure le service des données et études statistiques (SDES), service statistique du ministère de la Transition écologique. Ce périmètre ne couvre pas l’ensemble des terrains constructibles mis en vente. La projection est établie à législation constante, c’est-à-dire selon le droit en vigueur à la date de gel de l’étude, le 27 septembre 2026 : les données et les textes publiés après cette date ne sont pas pris en compte.

Selon le SDES, le prix moyen d’un terrain à bâtir s’élevait en 2024 à 95 000 euros, pour une surface moyenne de 932 mètres carrés et un prix moyen de 102 euros par mètre carré. Dans la projection conditionnelle de Renouvel, qui ne vaut que si ses hypothèses se réalisent, il atteindrait 102 000 euros en 2027, dans une fourchette de 98 000 à 105 000 euros. Le prix au mètre carré serait de 110 euros (fourchette de 103 à 117 euros) et la surface moyenne de 923 mètres carrés (fourchette de 875 à 970 mètres carrés). Ces chiffres de 2027 sont calculés par Renouvel à partir des données du SDES. Leurs fourchettes reprennent l’écart moyen observé par le passé entre un simple prolongement de tendance et le chiffre réalisé ; elles ne mesurent ni une probabilité ni un intervalle de confiance.

La projection prolonge les relations estimées de 2011 à 2024 entre l’évolution du prix au mètre carré et de la surface des terrains, d’une part, et celle des permis, d’autre part. Dans l’étude, les permis désignent les logements individuels purs autorisés ; en individuel pur, le permis de construire ne porte que sur une maison, si bien qu’un permis correspond à une maison. D’après nos calculs, sur cette période, une baisse des permis a été associée en moyenne à une hausse plus rapide du prix au mètre carré des terrains et à une baisse plus forte de leur surface. Ces relations sont faibles et n’établissent aucun lien de cause à effet. La projection ne modélise aucun effet propre ou additionnel du zéro artificialisation nette (ZAN) des sols, que les données publiques ne permettent pas d’isoler. Le prix du terrain entre dans le prix moyen d’une maison neuve, c’est-à-dire le coût total moyen d’un projet de maison individuelle avec achat du terrain au sens de l’enquête du SDES, établi par la projection du marché de la maison individuelle en 2027.

Prix et surface des terrains à bâtir de 2014 à 2024

Le SDES mesure le prix des terrains par l’enquête sur le prix des terrains et du bâti (EPTB), exhaustive sur son champ depuis 2010 : les permis de construire délivrés dans l’année à des particuliers pour une maison individuelle en secteur diffus, c’est-à-dire construite à leur initiative. Selon le SDES, en France, pour 31 % des projets autorisés en 2024, le terrain a été obtenu par succession ou par donation ; les autres terrains, soit 69 %, ont été achetés, dont 66 % au cours de l’année 2024. Les publications régionales de l’enquête précisent que les statistiques de prix ne retiennent que les terrains achetés l’année du permis ou l’année suivante ; ceux achetés plus tôt en sont exclus. D’après ces publications, les achats de 2024 ou de 2025 concernent 54,2 % des projets autorisés en 2024 en France métropolitaine. Le prix retenu est toutes taxes comprises, hors frais de notaire et frais d’agence.

En 2024, selon le SDES, le prix moyen d’un terrain acheté pour construire une maison s’élève à 95 000 euros, la surface moyenne à 932 mètres carrés et le prix moyen au mètre carré à 102 euros. Sur un an, selon la même source, le prix moyen d’un terrain recule de 1,0 % : le prix au mètre carré augmente de 1,7 %, mais la surface diminue de 2,6 %. Les résultats de 2025 n’étaient pas publiés à la date de gel : 2024 est le dernier chiffre connu.

Le tableau reprend la série nationale de 2014 à 2024 publiée par le SDES avec ses résultats de 2024 (graphique 2 de sa publication), arrondie à l’euro et au mètre carré ; le SDES diffuse par ailleurs des résultats détaillés depuis 2006. Selon le SDES, les résultats de la dernière année enquêtée sont révisés l’année suivante, une partie des questionnaires n’étant exploitée qu’à ce moment : ceux de 2023 l’ont été d’au plus 0,9 %, et ceux de 2024 le seront avec la publication des résultats de 2025. Les évolutions de 2023 publiées dans son tableau 1, calculées sur les données provisoires de 2023, peuvent donc différer de celles qui découlent des niveaux du tableau.

AnnéePrix moyen au mètre carréSurface moyenne
201479 euros969 m²
201579 euros952 m²
201682 euros935 m²
201785 euros920 m²
201887 euros934 m²
201988 euros935 m²
202091 euros924 m²
202190 euros947 m²
202292 euros979 m²
2023100 euros958 m²
2024102 euros932 m²

Selon cette série, le prix au mètre carré n’a reculé qu’en 2021 : il est passé de 79 euros en 2014 à 91 euros en 2020, puis à 102 euros en 2024. Dans la même série, la surface moyenne a diminué de 969 mètres carrés en 2014 à 920 mètres carrés en 2017, est restée entre 920 et 935 mètres carrés jusqu’en 2020, a atteint 979 mètres carrés en 2022, puis est revenue à 932 mètres carrés en 2024. Les deux grandeurs évoluent souvent en sens contraire, comme en 2023 et en 2024 : la baisse de la surface compense alors tout ou partie de la hausse du prix au mètre carré dans le prix moyen d’un terrain. Selon le SDES, le coût total moyen d’un projet avec achat du terrain, terrain et maison compris, s’élève à 313 700 euros en 2024 ; le terrain en représente 30 %, une part en recul chaque année depuis 2021.

Selon le SDES, le nombre de terrains achetés dans le champ de l’enquête recule de 35 % en 2024 par rapport à 2023, et de 30 % à 39 % selon les régions. Ce recul accompagne celui des permis : d’après nos calculs sur les données du SDES, leur cumul sur douze mois a reculé de 57 % entre mars 2022 et février 2025. L’article sur les crises de la construction de maisons individuelles en décrit les mécanismes.

Prix des terrains à bâtir en 2027 : projection au mètre carré et par terrain

L’étude Renouvel projette séparément, à partir des séries du SDES, le prix au mètre carré et la surface des terrains, puis en déduit le prix moyen d’un terrain, produit des deux. Chaque projection est une extrapolation statistique : elle prolonge la relation estimée de 2011 à 2024 entre l’évolution annuelle de la grandeur et celle des permis. D’après nos calculs, les équations estimées associent à un nombre de permis stable une hausse du prix au mètre carré d’un peu plus de 3,5 % par an et une baisse de la surface d’un peu moins de 1 % par an. Ces équations associent aussi à une baisse de 10 % des permis une hausse du prix au mètre carré supérieure d’environ 1 point et une baisse de la surface supérieure d’environ 0,6 point. Ces relations décrivent des évolutions conjointes passées, sans lien de cause à effet : le modèle n’établit aucun mécanisme causal entre le nombre de permis et le prix ou la surface des terrains. Elles sont faibles : d’après nos calculs, la variation des permis rend compte d’environ un quart des écarts de croissance du prix au mètre carré d’une année à l’autre, et d’environ 15 % de ceux de la surface. Estimées sur quatorze observations annuelles seulement, elles sont aussi fragiles : leurs coefficients pourraient changer nettement avec d’autres années d’observation, et elles ne constituent pas une relation stable du marché foncier.

Les permis retenus sont ceux observés en 2025, puis l’estimation de 2026 et la projection de 2027 établies par l’étude, cette dernière sans l’ajustement qui tient compte de l’anticipation des échéances de la fin de 2027 (fin du prêt à taux zéro et palier 2028 de la réglementation environnementale des bâtiments neufs, la RE2020). Dans ces chiffres, les permis de 2027 sont moins nombreux que ceux de 2026 : les relations associent donc à 2027 une hausse du prix au mètre carré et une baisse de la surface un peu plus marquées que celles d’une année de permis stables.

Dans cette projection conditionnelle, le prix moyen d’un terrain à bâtir atteindrait 102 000 euros en 2027 (fourchette de 98 000 à 105 000 euros), pour un prix de 110 euros par mètre carré (fourchette de 103 à 117 euros) et une surface moyenne de 923 mètres carrés (fourchette de 875 à 970 mètres carrés).

Grandeur2024 (SDES)2027, projection conditionnelle de RenouvelFourchette 2027
Prix moyen d’un terrain à bâtir95 000 euros102 000 euros98 000 à 105 000 euros
Prix moyen au mètre carré102 euros110 euros103 à 117 euros
Surface moyenne932 m²923 m²875 à 970 m²

Chaque fourchette correspond à l’écart moyen, à trois ans d’horizon, entre la valeur réalisée et un simple prolongement de la croissance des cinq années précédentes, mesuré sur les onze années de départ que les séries permettent ; d’après nos calculs, cet écart atteint 6,4 % pour le prix au mètre carré, 5,2 % pour la surface et 3,1 % pour le prix moyen d’un terrain. Cette dernière fourchette est la plus étroite, parce que les écarts du prix au mètre carré et de la surface se sont en partie compensés par le passé. Ces fourchettes ne sont ni des intervalles de confiance ni des probabilités, et aucune ne tient compte de l’incertitude sur le nombre de permis.

Ajouté à la part du bâti, c’est-à-dire au coût de la maison dans les projets avec achat du terrain, le prix du terrain forme le prix moyen d’une maison neuve, projeté à 345 000 euros en 2027 (fourchette de 333 000 à 358 000 euros) dans la projection 2027 du marché de la maison individuelle. Ce prix entre dans le calcul du pouvoir d’achat immobilier, soit la capacité d’emprunt d’un ménage (le montant qu’il peut emprunter) rapportée au prix moyen d’une maison neuve, terrain compris.

Prix des terrains à bâtir par région et selon la taille des villes

Selon le SDES, le prix moyen au mètre carré des terrains achetés pour construire une maison va en 2024 de 55 euros en Bourgogne-Franche-Comté à 217 euros en Provence-Alpes-Côte d’Azur et 227 euros en Île-de-France. Les surfaces moyennes publiées par le SDES sont les plus faibles en Pays de la Loire (637 mètres carrés) et en Bretagne (671 mètres carrés), les plus élevées en Bourgogne-Franche-Comté (1 263 mètres carrés) et en Nouvelle-Aquitaine (1 208 mètres carrés). Le prix moyen d’un terrain dépend de ces deux grandeurs. Selon le SDES, il est le plus élevé en Provence-Alpes-Côte d’Azur (186 400 euros), où le mètre carré coûte un peu moins qu’en Île-de-France mais où les terrains sont plus grands (859 mètres carrés contre 698). Selon la même source, il est le plus bas en Bourgogne-Franche-Comté (68 900 euros), où les terrains sont les plus grands mais le prix au mètre carré le plus bas.

Selon le SDES, quatre régions de l’Ouest et du Sud, la Nouvelle-Aquitaine (13,9 %), l’Occitanie (13,1 %), la Bretagne (12,8 %) et les Pays de la Loire (12,0 %), réunissent chacune de 12,0 % à 13,9 % des terrains achetés, contre 3,5 % pour l’Île-de-France. Sur un an, le prix au mètre carré publié par le SDES recule de 8,3 % en Île-de-France et dans les départements et régions d’outre-mer (DROM), et augmente de 12,3 % en Corse. Sur dix ans, de 2014 à 2024, le prix au mètre carré des terrains a augmenté dans toutes les régions de France métropolitaine selon le SDES, de 4 % en Île-de-France à 79 % en Corse ; la hausse dépasse 50 % en Provence-Alpes-Côte d’Azur (+59 %) et en Pays de la Loire (+51 %), et 40 % en Bretagne (+44 %) et en Normandie (+42 %).

Le tableau reprend les résultats publiés par le SDES pour 2024 (tableau 2 de sa publication) et, dans sa dernière colonne, l’évolution du prix au mètre carré de 2014 à 2024 (carte 1), que le SDES ne publie pas pour les DROM ni pour les ensembles nationaux.

RégionPart des terrains achetésSurface moyennePrix moyen du terrainPrix moyen au mètre carréÉvolution du prix au mètre carré de 2023 à 2024Évolution du prix au mètre carré de 2014 à 2024
Auvergne-Rhône-Alpes10,9 %1 021 m²121 300 euros119 euros+5,9 %+31 %
Bourgogne-Franche-Comté3,8 %1 263 m²68 900 euros55 euros-1,8 %+17 %
Bretagne12,8 %671 m²75 500 euros113 euros+6,2 %+44 %
Centre-Val de Loire3,9 %1 000 m²69 400 euros69 euros+7,6 %+16 %
Corse0,5 %1 014 m²126 100 euros124 euros+12,3 %+79 %
Grand Est6,0 %951 m²92 800 euros98 euros+6,5 %+26 %
Hauts-de-France5,3 %930 m²83 000 euros89 euros+3,3 %+18 %
Île-de-France3,5 %698 m²158 700 euros227 euros-8,3 %+4 %
Normandie6,6 %981 m²71 300 euros73 euros-0,8 %+42 %
Nouvelle-Aquitaine13,9 %1 208 m²81 300 euros67 euros-4,7 %+23 %
Occitanie13,1 %1 073 m²99 900 euros93 euros+1,6 %+18 %
Pays de la Loire12,0 %637 m²77 900 euros122 euros+5,4 %+51 %
Provence-Alpes-Côte d’Azur4,8 %859 m²186 400 euros217 euros+7,9 %+59 %
France métropolitaine97,1 %938 m²94 500 euros101 euros+1,8 %non publiée
DROM2,9 %731 m²111 600 euros153 euros-8,3 %non publiée
France100,0 %932 m²95 000 euros102 euros+1,7 %non publiée

Selon le SDES, le prix au mètre carré augmente aussi avec la taille de l’aire d’attraction de la ville : de 63 euros en milieu rural, il atteint 189 euros dans l’aire d’attraction de Paris en 2024. Une aire d’attraction est, selon la définition de l’INSEE, un ensemble de communes formé d’un pôle de population et d’emploi et d’une couronne de communes dont au moins 15 % des actifs occupés travaillent dans ce pôle. Sur un an, selon le SDES, le prix au mètre carré recule de 5,8 % dans l’aire de Paris et augmente de 6,7 % dans les petites villes et de 4,1 % dans les communes rurales.

L’étude ne projette pas ces écarts : la projection de 2027 porte sur la moyenne nationale, qui dépend aussi de la répartition des achats entre territoires.

ZAN : constats chiffrés sur le prix et la surface des terrains

La loi Climat et résilience de 2021 fixe l’objectif de ZAN en 2050 et, pour la décennie 2021 à 2031, la réduction de moitié de la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers (ENAF) par rapport à la décennie précédente ; les schémas de cohérence territoriale (SCoT) modifiés ou révisés pour intégrer cette trajectoire doivent entrer en vigueur avant le 22 février 2027, les plans locaux d’urbanisme (PLU) avant le 22 février 2028. Le calendrier réglementaire des constructeurs détaille ces échéances et leurs conséquences lorsqu’elles ne sont pas respectées.

Selon le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema), établissement public qui mesure la consommation d’ENAF à partir des fichiers fonciers, celle-ci recule depuis 2011 : elle est passée de 29 470 hectares en 2011 à 15 119 hectares en 2024. Toujours selon le Cerema, l’habitat en représente les deux tiers sur l’ensemble de la période étudiée, du 1er janvier 2011 au 1er janvier 2025. La construction consomme aussi moins d’espace par mètre carré bâti : selon le Cerema, un hectare d’ENAF consommé a permis de commencer la construction de 2 058 mètres carrés de surface de plancher en 2011 et de 2 291 mètres carrés en 2023.

Sur les terrains achetés pour construire une maison, la série du SDES ne montre pas de rupture nette des surfaces depuis 2021. Dans cette série, la surface moyenne avait déjà diminué de 969 mètres carrés en 2014 à 920 mètres carrés en 2017, son minimum ; elle a augmenté en 2021 et en 2022, jusqu’à 979 mètres carrés, avant de revenir à 932 mètres carrés en 2024, dans l’intervalle observé de 2016 à 2020 (de 920 à 935 mètres carrés). Le prix au mètre carré de la même série augmentait déjà de 2014 à 2020, de 79 à 91 euros ; il est passé de 92 euros en 2022 à 100 euros en 2023, puis à 102 euros en 2024. La baisse des surfaces et la hausse du prix au mètre carré de 2023 et de 2024 coïncident avec le recul des permis et du nombre de terrains achetés décrit plus haut.

D’après nos calculs, les relations estimées de 2011 à 2024 associent déjà les baisses de permis à une hausse plus rapide du prix au mètre carré et à une baisse de la surface, et les évolutions de 2023 et de 2024 vont dans ce sens. Ces relations étant estimées sur une période qui comprend ces deux années, le constat ne permet pas de séparer l’effet du ZAN de celui du recul de la construction.

Les données publiques disponibles à la date de gel ne permettent donc pas d’isoler un effet du ZAN sur le prix ou la surface des terrains à bâtir. La projection ne modélise aucun effet propre ou additionnel du ZAN : elle prolonge les relations passées avec les permis. Les données de 2021 à 2024 sur lesquelles ces relations sont estimées peuvent contenir des effets du ZAN, impossibles à isoler. L’intégration de la trajectoire de réduction de la consommation d’espaces dans les SCoT et les PLU, d’ici février 2028, peut modifier l’offre de terrains constructibles d’une manière que ces relations ne représentent pas : c’est une limite de la projection.

Lotissements et aménageurs

Selon le Cerema, un lotissement est la division d’une ou plusieurs unités foncières en vue de créer des lots destinés à être bâtis ; selon ses caractéristiques, il est soumis à permis d’aménager ou à déclaration préalable. Pour un lotissement soumis à permis d’aménager, la vente des lots est conditionnée à l’achèvement des travaux d’aménagement et d’équipement ou à l’obtention de garanties financières d’achèvement. La publication du SDES pour 2024 ne distingue pas les terrains achetés en lotissement des autres : l’étude ne peut pas suivre séparément le prix des lots.

L’Union des aménageurs (UNAM), organisation professionnelle, a publié le 8 septembre 2026 une étude réalisée avec Adéquation à partir de sources publiques et privées. Selon cette étude, 33 % des logements individuels autorisés de 2020 à 2025 en France métropolitaine l’ont été sur des opérations d’aménagement, soit environ 48 000 logements par an. Les opérations retenues comprennent notamment les zones d’aménagement concerté et les opérations autorisées par un permis d’aménager, catégorie qui inclut les lotissements soumis à ce permis. L’étude ne distingue pas l’individuel pur de l’individuel groupé, c’est-à-dire, selon l’INSEE, des maisons issues d’une opération de construction comportant plusieurs logements individuels, ou un logement individuel et des locaux. Ce chiffre est une estimation de l’UNAM et d’Adéquation, dont la méthode n’est décrite que dans ses grandes lignes ; il n’est pas comparable aux séries du SDES utilisées par l’étude Renouvel.

Selon l’Agence nationale pour l’information sur le logement (ANIL), la loi du 26 novembre 2025 de simplification du droit de l’urbanisme et du logement permet, depuis le 28 novembre 2025, de soumettre à un seul permis d’aménager, dans le cadre d’un lotissement, des unités foncières non contiguës, lorsqu’un seul demandeur porte un projet qui forme un ensemble unique et cohérent et garantit l’unité architecturale et paysagère des sites. Elle fixe aussi à la moitié des propriétaires détenant ensemble au moins la moitié de la superficie la majorité requise pour modifier les documents d’un lotissement à la demande des colotis, c’est-à-dire des propriétaires des lots. L’étude ne chiffre pas l’effet de ces dispositions sur l’offre de terrains.

Projet de loi Relance et proposition de loi TRACE : variantes non chiffrées

Deux textes en discussion à la date de gel pourraient modifier l’offre de terrains constructibles. Le projet de loi visant la relance et la décentralisation du logement, adopté par le Sénat le 8 juillet 2026 et en cours d’examen à l’Assemblée nationale, permettrait, en cas d’insuffisance caractérisée de l’offre de logements, de délimiter des secteurs situés en zone urbaine ou à urbaniser où des projets de logements pourraient déroger au PLU, à condition que ces logements soient occupés à titre de résidence principale. La proposition de loi TRACE, adoptée par le Sénat le 18 mars 2025 et en attente d’examen à l’Assemblée nationale, supprimerait l’objectif de réduction de moitié de la consommation d’espaces de 2021 à 2031, confierait la trajectoire à chaque région et reporterait les dates limites de modification des documents d’urbanisme.

Le contenu de ces textes peut encore changer. L’étude les traite comme des variantes, sans chiffrage, et ne les intègre pas à la projection centrale, qui applique le droit en vigueur au 27 septembre 2026. Leur état d’avancement figure dans le calendrier des constructeurs pour 2026 à 2028.

Glossaire

  • Aire d’attraction d’une ville : selon l’INSEE, ensemble de communes formé d’un pôle de population et d’emploi et d’une couronne de communes dont au moins 15 % des actifs occupés travaillent dans le pôle.
  • Date de gel : date après laquelle aucune donnée ni aucun texte nouveau n’est pris en compte dans l’étude, fixée au 27 septembre 2026.
  • ENAF : espaces naturels, agricoles et forestiers, dont la consommation mesure la trajectoire du ZAN jusqu’en 2031.
  • EPTB : enquête sur le prix des terrains et du bâti, menée par le SDES auprès des particuliers qui ont obtenu un permis de construire pour une maison individuelle en secteur diffus, dont les résultats sont publiés chaque année.
  • Fourchette : dans cet article, intervalle tiré de l’écart moyen observé par le passé, à trois ans d’horizon, entre un simple prolongement de tendance et le chiffre réalisé, sans valeur d’intervalle de confiance ni de probabilité.
  • Individuel groupé : selon l’INSEE, maisons issues d’une opération de construction comportant plusieurs logements individuels, ou un logement individuel et des locaux.
  • Législation constante : hypothèse selon laquelle le droit en vigueur à la date de gel s’applique sans modification sur toute la période étudiée.
  • Lotissement : division d’une ou plusieurs unités foncières en vue de créer des lots destinés à être bâtis, soumise à permis d’aménager ou à déclaration préalable.
  • Permis : dans l’étude, logements individuels purs autorisés ; en individuel pur, le permis de construire ne porte que sur une maison.
  • Pouvoir d’achat immobilier : capacité d’emprunt d’un ménage, c’est-à-dire le montant qu’il peut emprunter, rapportée au prix moyen d’une maison neuve, terrain compris.
  • Projection conditionnelle : projection qui ne vaut que si ses hypothèses se réalisent, notamment la législation constante.
  • SCoT et PLU : le schéma de cohérence territoriale est un document de planification à l’échelle d’un bassin de vie ; le plan local d’urbanisme fixe les règles de construction d’une commune ou d’une intercommunalité.
  • Secteur diffus : construction d’une maison individuelle à l’initiative d’un particulier.
  • Terrain à bâtir : dans l’étude, terrain acheté par un particulier, l’année de délivrance du permis ou l’année suivante, pour y faire construire une maison individuelle en secteur diffus, au sens de l’enquête du SDES ; « terrain constructible » en est le nom courant, mais l’enquête ne couvre pas l’ensemble des terrains constructibles mis en vente.
  • ZAN : zéro artificialisation nette, objectif fixé pour 2050 par la loi Climat et résilience.

Méthode et limites

Les chiffres calculés par Renouvel l’ont été une seule fois, avant la rédaction des huit pages de l’étude ; les autres chiffres viennent des sources publiques citées en fin d’article, dans leur état au 27 septembre 2026, date de gel commune à ces huit pages. La projection du prix des terrains prolonge deux relations estimées sur quatorze évolutions annuelles, de 2011 à 2024, l’enquête du SDES étant exhaustive depuis 2010. Elle comporte les limites suivantes.

  • Les relations entre les permis, d’une part, le prix au mètre carré et la surface des terrains, d’autre part, sont faibles et décrivent des évolutions conjointes passées, sans lien de cause à effet ; estimées sur quatorze observations annuelles, leurs coefficients sont fragiles, et la projection suppose qu’elles restent valables jusqu’en 2027.
  • Les fourchettes reprennent l’erreur moyenne passée d’un simple prolongement de tendance sur chaque série ; elles ne constituent ni des intervalles de confiance ni des probabilités et ne tiennent pas compte de l’incertitude sur les permis.
  • Les permis utilisés sont observés pour 2025, estimés pour 2026 et projetés pour 2027 sans ajustement d’anticipation ; les prix et les surfaces de 2025 et de 2026, non publiés à la date de gel, sont eux aussi projetés.
  • Les relations sont estimées sur des séries nationales du prix et de la surface des terrains reconstituées par Renouvel à partir des tableaux régionaux que le SDES diffuse depuis 2006, le fichier de sa publication de 2024 ne donnant la série nationale que depuis 2014 ; pour 2024, l’écart aux chiffres nationaux publiés est inférieur à 0,05 % pour les prix et à 0,2 % pour les surfaces, et les tableaux régionaux conservent pour 2023 des valeurs provisoires, à 0,9 % au plus des valeurs définitives.
  • Les niveaux de 2024, point de départ de la projection, seront révisés avec la publication des résultats de 2025 ; ceux de 2023 l’ont été d’au plus 0,9 %.
  • Le prix du SDES porte sur les terrains achetés par des particuliers pour une maison en secteur diffus, hors frais de notaire et d’agence ; il ne couvre pas l’ensemble des terrains constructibles mis en vente. Les publications régionales de l’enquête retiennent les achats de l’année du permis ou de l’année suivante ; la publication nationale, dont les résultats concordent avec les leurs, décrit ces terrains comme achetés en 2024. La moyenne nationale dépend de la répartition des achats entre régions et entre types de territoires.
  • La projection ne modélise aucun effet propre ou additionnel du ZAN, ni aucun effet du projet de loi Relance ou de la proposition de loi TRACE ; elle ne comporte aucune projection régionale.

Les textes et les données peuvent évoluer après la date de gel ; la page publiée est archivée le jour de sa publication, pour que la comparaison avec les chiffres réalisés porte sur cette version. La méthode commune de l’étude, ses hypothèses et l’ensemble de ses limites sont détaillées dans la note méthodologique.

Renouvel commercialise des applications destinées notamment aux constructeurs de maisons individuelles ; aucun résultat de cette étude n’en dépend.

Dans la projection conditionnelle de Renouvel, à législation constante, le prix moyen d’un terrain à bâtir atteindrait 102 000 euros en 2027 (fourchette de 98 000 à 105 000 euros), après 95 000 euros en 2024 selon le SDES, avec un prix de 110 euros par mètre carré (fourchette de 103 à 117 euros) et une surface moyenne de 923 mètres carrés (fourchette de 875 à 970 mètres carrés). La projection prolonge des relations passées et faibles avec le nombre de permis ; elle ne modélise aucun effet propre ou additionnel du ZAN, que les données publiques ne permettent pas d’isoler. La projection du marché de la maison individuelle pour 2027 rassemble ce résultat avec la part du bâti et le nombre de maisons autorisées et commencées.

Citer l’étude. Les chiffres de cet article peuvent être repris dans vos analyses avec la mention « Renouvel, étude Marché de la maison individuelle : prévisions 2027, données arrêtées au 27 septembre 2026 ». La note méthodologique de l’étude en précise les sources, la méthode et les limites.

Questions fréquentes

Quel est le prix moyen d’un terrain à bâtir en France ?

Selon le SDES, un terrain acheté pour construire une maison individuelle coûtait en moyenne 95 000 euros en 2024, pour une surface moyenne de 932 mètres carrés et un prix moyen de 102 euros par mètre carré. Ce prix, toutes taxes comprises, exclut les frais de notaire et les frais d’agence. Il porte sur les seuls terrains achetés par des particuliers pour y faire construire leur maison : l’enquête ne couvre pas l’ensemble des terrains constructibles mis en vente.

Combien coûtera un terrain à bâtir en 2027 ?

Dans la projection conditionnelle de l’étude Renouvel, arrêtée au 27 septembre 2026, le prix moyen d’un terrain à bâtir atteindrait 102 000 euros en 2027 (fourchette de 98 000 à 105 000 euros), pour un prix de 110 euros par mètre carré (fourchette de 103 à 117 euros) et une surface moyenne de 923 mètres carrés (fourchette de 875 à 970 mètres carrés). Ces fourchettes reprennent l’écart moyen passé d’un simple prolongement de tendance ; elles ne mesurent pas une probabilité.

Quel est le prix au mètre carré d’un terrain constructible ?

Selon le SDES, un terrain constructible acheté pour y bâtir une maison coûtait en moyenne 102 euros par mètre carré en 2024. Selon la même source, ce prix va de 63 euros en milieu rural à 189 euros dans l’aire d’attraction de Paris, et de 55 euros en Bourgogne-Franche-Comté à 227 euros en Île-de-France.

Dans quelle région les terrains à bâtir sont-ils les plus chers ?

Selon le SDES, le prix au mètre carré des terrains achetés pour construire une maison est en 2024 le plus élevé en Île-de-France (227 euros) et en Provence-Alpes-Côte d’Azur (217 euros), et le plus bas en Bourgogne-Franche-Comté (55 euros). Par terrain, selon la même source, le prix moyen le plus élevé est observé en Provence-Alpes-Côte d’Azur (186 400 euros), où les terrains sont plus grands qu’en Île-de-France.

La surface des terrains à bâtir diminue-t-elle ?

Selon le SDES, la surface moyenne des terrains achetés pour construire une maison est passée de 979 mètres carrés en 2022 à 932 mètres carrés en 2024, après un minimum de 920 mètres carrés en 2017 ; elle était de 969 mètres carrés en 2014. Dans la projection de l’étude Renouvel, elle serait de 923 mètres carrés en 2027 (fourchette de 875 à 970 mètres carrés).

Le ZAN fait-il monter le prix des terrains à bâtir ?

Les données publiques disponibles au 27 septembre 2026 ne permettent pas de l’établir. Selon le SDES, le prix au mètre carré des terrains achetés pour construire une maison est passé de 92 euros en 2022 à 100 euros en 2023 et la surface a reculé en 2023 et en 2024, mais ces évolutions coïncident avec le fort recul des permis de construire, que les relations estimées par l’étude Renouvel de 2011 à 2024 associent déjà à une hausse du prix au mètre carré et à une baisse de la surface. La surface moyenne de 2024 reste par ailleurs comparable à celle des années 2016 à 2020. La projection de l’étude Renouvel ne modélise aucun effet propre ou additionnel du ZAN.

Quelle part du coût d’un projet de maison représente le terrain ?

Selon le SDES, le terrain représente 30 % du coût total moyen d’un projet avec achat du terrain en 2024, qui s’élève à 313 700 euros pour le terrain et la maison. Cette part recule chaque année depuis 2021.

Le prix d’un terrain à bâtir comprend-il les frais de notaire ?

Non. Dans l’enquête du SDES, le prix des terrains est toutes taxes comprises, mais hors frais de notaire et hors frais d’agence.

Sources

Prix et surface des terrains

  • SDES, Le prix des terrains et du bâti pour les maisons individuelles en 2024 (27 novembre 2025) : Consulter la publication
  • SDES, Le prix des terrains et du bâti pour les maisons individuelles en 2024, Datalab Essentiel, tableaux 1, 2 et 6, graphique 3, carte 1, définitions, méthodologie et diffusion (novembre 2025) : Consulter le document
  • SDES, Le prix des terrains et du bâti pour les maisons individuelles en 2024, fichier de données, graphique 2 (série nationale de 2014 à 2024), tableaux 2 et 9 et carte 1 (27 novembre 2025) : Consulter les données
  • SDES, Enquête sur le prix des terrains à bâtir (EPTB) (26 novembre 2025) : Consulter la présentation de l’enquête
  • DREAL Nouvelle-Aquitaine, Les prix du terrain et du bâti pour les maisons individuelles en Nouvelle-Aquitaine en 2024, chapitre 2 « Caractéristiques des terrains » (15 janvier 2026) : Consulter le chapitre
  • DREAL Nouvelle-Aquitaine, Les prix du terrain et du bâti pour les maisons individuelles en Nouvelle-Aquitaine en 2024, chapitre 5 « Méthodologie et définitions » (15 janvier 2026) : Consulter la méthodologie
  • INSEE, Définition : aire d’attraction des villes (mise à jour du 28 juillet 2025) : Consulter la définition

Permis

  • SDES, Logements autorisés et commencés, nombre et surfaces, séries mensuelles (données estimées) (données à fin juillet 2026, publiées le 28 août 2026 ; jeu mis à jour chaque mois) : Consulter le jeu de données

ZAN et consommation d’espaces

  • Cerema, Quelle consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers sur la période 2011-2025 ? L’analyse du Cerema (1er juillet 2026) : Consulter l’analyse
  • Ministère de la Transition écologique, Zéro artificialisation nette : guide synthétique (version du 27 novembre 2023) : Consulter le guide
  • Cerema, La loi du 20 juillet 2023 adapte le cadre de la mise en œuvre du « zéro artificialisation nette » (loi « ZAN ») (7 août 2023) : Consulter l’actualité

Lotissements et aménageurs

  • Cerema, Le lotissement (mise à jour du 14 décembre 2023) : Consulter la fiche{target=’_blank’ rel=’noopener’}
  • Union des aménageurs (UNAM), Contribution des aménageurs à la construction de logements en France, étude réalisée avec Adéquation (8 septembre 2026) : Consulter l’étude{target=’_blank’ rel=’noopener’}
  • INSEE, Construction individuelle ou collective, définition (mise à jour du 7 août 2026) : Consulter la définition{target=’_blank’ rel=’noopener’}
  • ANIL, Simplification du droit de l’urbanisme et du logement, analyse juridique n° 2025-20 (27 novembre 2025) : Consulter l’analyse{target=’_blank’ rel=’noopener’}

Projet de loi Relance et proposition de loi TRACE

  • Sénat, Projet de loi visant la relance et la décentralisation du logement, texte n° 157 (2025-2026) adopté par le Sénat (8 juillet 2026) : Consulter le texte{target=’_blank’ rel=’noopener’}
  • Assemblée nationale, La relance et la décentralisation du logement, dossier législatif (dépôt à l’Assemblée nationale le 9 juillet 2026) : Consulter le dossier{target=’_blank’ rel=’noopener’}
  • Sénat, Proposition de loi visant à instaurer une trajectoire de réduction de l’artificialisation concertée avec les élus locaux, la loi en clair (18 mars 2025) : Consulter la page{target=’_blank’ rel=’noopener’}
  • Assemblée nationale, Proposition de loi visant à instaurer une trajectoire de réduction de l’artificialisation concertée avec les élus locaux, dossier législatif (dépôt à l’Assemblée nationale le 19 mars 2025) : Consulter le dossier{target=’_blank’ rel=’noopener’}

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